Notules # 22

Votre catégorie recoupe l’un (ou plusieurs) des films suivants :
Central Do Brasil Walter Salles Brésil 1998
The Lunchbox Ritesh Batra Inde 2013
Pluie noire Shōhei Imamura Japon 1989
Sister Stella L. Mike de Leon Philippines 1984
Phoenix Chirstian Petzold Allemagne 2014
Vida en sombras Llorenç Llobet-Gràcia Espagne 1949
Keane Lodge Kerrigan USA 2004
The Blackout Egor Baranov Russie 2019
Cinq est le numéro parfait Igort Italie 2019
Les Incognitos Nick Bruno & Troy Quane (Blue Sky) USA 2019
Snoopy et les Peanuts Steve Martino (Blue Sky) USA 2015
Les Blagues de Toto Pascal Bourdiaux France 2020
30 jours max Tarek Boudali France 2020
Divorce Club Michaël Youn France 2019
Les Gentlemen Guy Ritchie Royaume-Uni 2020
Cœurs ennemis (The Aftermath) James Kent Royaume-Uni / Allemagne / USA 2019
Antonia, la chef d’orchestre Maria Peters Pays-Bas 2018
The Wretched Brett et Drew T. Pierce USA 2019
Virtual Games Sean Olson USA 2020
Suspense Lois Weber USA 1913
The Golden Lotus Li Han-hsiang Hong-kong 1974

Amer Hélène Cattet & Bruno Forzani / 2009

Entre réalité et fantasmes oppressants, dans un voyage charnel où plaisir et douleur s’entrecroisent, Ana est confrontée au désir à trois moments-clefs de sa vie…

 

Ce premier film du duo Cattet-Forzani séduit forcément de par sa densité formelle, et par son jusqu’au-boutisme (un film presque entièrement muet). On peut également apprécier la liberté avec laquelle le récit saute aisément de péripéties scénarisées à des passages plus purement abstraits ou rythmiques, entêtés et maniaques, comme on suivrait les sinuosités d’une pensée fiévreuse.

Tout cela, néanmoins, a du mal à cacher les normes sous lesquelles le film croule. La première, bien dans l’ère du temps (Mandico, Gonzalez…), c’est le collage érotico-vintage, qui manie l’héritage du genre et son cortège de pulsions avec une distance précieuse, un peu vaine, qui les transforme en images et en annule de fait tout le trouble, tout le pouvoir de subversion. La seconde norme, elle est plus datée : c’est celle des jeunes cinéastes des années 90 (Kounen, Dupontel, ou toutes les premières tentatives de genre françaises…) qui enchaînaient les effets formels ostentatoires (accumulation de très gros plan rapides, étalonnage charal, angles tordus, montage stressé) en touillant une vision torve des rapports humains, souvent via le relais d’une imagerie éculée (qu’on retrouve ici, par exemple, dans le grand manoir bourgeois vicié du début du film).

Autant d’entraves qui empêchent Amer de toujours bien raconter ce qui semblait l’intéresser, à savoir l’histoire de la sexualité d’une jeune femme : on en retient surtout l’envie de faire joujou avec le Giallo. Or quelle est au fond la pertinence d’un tel déchaînement maniériste ? Le maniérisme historique, celui d’Argento par exemple, n’était qu’une nécessité pour continuer Hithcock sans le photocopier, une accentuation du trait pour continuer à croire à ce qu’on filmait ; mais plus encore, de par ces déformations et exagérations, Argento accouchait quelque chose du cinéma d’Hitchcock, il en exprimait l’inconscient, tirant sur ses fondements sadiques secrets, en déduisant une véritable jouissance face au spectacle la souffrance… L’exégèse ouvrait à de nouveaux horizons : une histoire, de fait, continuait à s’écrire. Qu’est-ce qu’Amer dit, lui, du cinéma d’Argento et de bien d’autres ? Qu’en accouche-t-il réellement, au-delà de l’hommage formel hystérique ? S’il est virtuose, le film n’en apparaît pas moins comme totalement refermé sur lui-même et ses fétiches cinéphiles, adorés dans un déchiquetage frénétique – un fantasme en vase-clos, qu’on radote et saccage. Le résultat est étouffant, et c’est à la limite une personnalité qu’on pourra lui reconnaître : celle d’être un film maladivement claustré dans sa cinéphilie, comme l’est la jeune fille dans ses fantasmes et son manoir.

 

Emmanuelle Just Jaeckin / 1974

Emmanuelle s’envole de Paris pour Bangkok afin d’y rejoindre Jean, son mari qui occupe un poste de diplomate ; lorsqu’il lui demande si elle a eu des amants pendant qu’elle était seule à Paris, elle lui affirme que non…

Légers spoilers.
 

Il faut se faire violence pour regarder Emmanuelle, concentré de tout ce qu’un film peut avoir de daté, de perméabilité aux modes et aux réflexes rances de son temps, et dont absolument rien ici ne l’arrache : le modèle érotique masculin ne peut y prendre la forme que du vieux beau friqué, les jeunes filles sont à prendre en charge comme des enfants, l’exotisme colonial s’étale en toute inconscience (là où les James Bond, par exemple, y apposaient un cynisme et une ironie qui faisaient au moins un peu distance)…

Le film est plus globalement très plat, très téléfilmesque, même si la “tenue” (le calme, la sobriété, la pudeur relative) d’un film érotique de cette période étonne toujours un peu le spectateur aujourd’hui. On se prend surtout à comparer tout cela aux autres productions érotiques d’alors – la libido généreuse et joyeuse d’un Russ Meyer, les pulsions à ciel ouvert du roman porno japonais… Emmanuelle, cinématographiquement, peine à soutenir la comparaison, mais définit bien les contours et caractéristiques de ce que serait un cinéma érotique français : un cinéma verbeux (tout le final consiste à regarder Alain Cuny s’écouter parler), et un cinéma bourgeois. Les femmes en effet s’emmerdent et ne font rien dans Emmanuelle, le sexe est d’abord là pour tromper l’ennui, et le seul cri d’effroi que poussera l’héroïne au cours de son initiation sera en comprenant, horreur, qu’on va la donner à un homme asiatique ET prolétaire (l’ironie, qui en dit long sur le film et ses aveuglements, étant qu’il est aussi sans doute le seul corps et visage masculin du film qui seraient capables de donner le change à ceux de l’actrice sur le plan du désir).

Bref, de ce fatras très platounet (on est un peu embarrassés, pour tout dire, que le pays du libertinage ait donné des habits de film culte et générationnel a un produit aussi mou), on ne retiendra pas grand-chose – la chanson pas trop moche de Pierre Bachelet à la limite, cette petit pique envers le mari tolérant mis devant ses réflexes jaloux d’époux propriétaire, ou encore l’éclair de lucidité de l’héroïne qui, au milieu de son océan d’ennui, ressent soudain une attirance pour une femme en particulier, si différente des autres : c’est la seule qui travaille.

 

L’Aube Gustav Ucicky / 1933

En 1915, le capitaine Liers, commandant d’un sous-marin, quitte sa ville natale où, avec son second officier et son opérateur radio, ils passaient leur permission.

Légers spoilers.
 

Premier film sorti sous le régime nazi (et approuvé par lui), mais tourné avant son arrivée au pouvoir, L’Aube représente un ambigu entre-deux. S’il n’a pas du tout la charge critique, anti-militariste ou traumatisée de Quatre de l’infanterie, il fait tout de même dialoguer en son sein, et de manière assez frontale (dès son ouverture, en fait), les élans de ferveur patriotique va-t-en-guerre, et leur sévère remise en question. C’est par exemple ce personnage de veille dame qui a vu tous ses fils mourir les uns après les autres, et qui refuse de se réjouir des victoires ; ou bien ces jeunes femmes bénévoles se lamentant des guerres volant une à une des générations d’amants ; ou encore la satire voilée d’une population civile obsédée de gloire et de victoire militaire…

Tout cela s’insère assez bizarrement dans la matière patriotique du film (honneur des sous-mariniers, spectacle de l’avancée technologique du pays, traîtrise des ennemis perfides tendant un piège lâche), et cette ambigüité fait qu’on finit par se demander comment lire chaque plan, chaque moment (ce défilé infini des trains emportant les soldats en fin de film, par exemple : évocation d’un charnier à venir, soulèvement glorieux de la patrie ?). Le film ne se sortira finalement de cette impasse (comme de la patate chaude qu’est l’humiliation sensible de la défaite encore toute proche) qu’en prenant la tangente : en embrassant in extremis la destinée sombre d’un pays martyr sachant seul endurer les douleurs, les pertes, et la nuit, et qui vit avec noblesse son destin noir de défaite.

Sorti aux débuts du parlant (et ne souffrant d’aucune maladresse sur ce plan là, Ucicky est un cinéaste-technicien accompli), L’Aube rappelle deux autres films des tous débuts du cinéma sonore : celui de Pabst, donc (Quatre de l’infanterie), et Les Croix de bois de Raymond Bernard. Comme le premier, il organise une dichotomie poussée entre ses scènes en ville (de loin les plus inspirées : attachées au personnages, posant un regard à la fois tendre et satirique sur la foule, mettant en scène de complexes circonvolutions d’humeur) et les scènes de guerre au ton neutre, au goût absent. Comme dans le film de Bernard, ces séquences guerrières sont réduites à l’os, rien d’humain n’y survit passés quelques bons mots – le protocole militaire est seul maître à bord, dans une description froide et sans affect des opérations marines, désinvesties de toute tension humaine. Pas de musique (début du parlant oblige) sinon celle des sons du sous-marin qui, de concert avec les ordres donnés, et au rythme d’une chorégraphie visuelle (le va-et-vient vertical du périscope), créent une étrange musique concrète, un rythme atonal qui fait seul office de narration.

Le film tire une certaine singularité de ce rythme et de sa logique mathématique, qui contamineront l’aventure des marins jusqu’au bout (l’appel dans le noir, les coups réguliers sur la porte, le décompte des gilets de sauvetage…) – et à une scène saisissante près (la petite conversation des deux hommes au pistolet), Ucicky s’en contentera. Cela n’empêche pas à quelques autres moments inspirés d’émerger (le long plan de submersion, entre autres), mais empêche d’investir cette histoire et de réellement compatir à la tragédie de ces hommes. Le patriotisme d’un peuple allemand humilié était peut-être censé jouer ce rôle, aider le spectateur à s’impliquer dans le film – une béquille sur laquelle il ne peut plus compter aujourd’hui.

Morgenrot en VO.

Paris qui dort René Clair / 1924

Albert, le gardien de nuit de la Tour Eiffel, s’aperçoit à son réveil que Paris est immobile : tous les habitants sont endormis ou paralysés dans l’attitude qu’ils avaient à 3h15 du matin…

Quelques spoilers.
 

Paris qui dort semble enfin trouver ce compromis tant recherché, dans les années 20, entre l’avant-garde muette et le cinéma populaire – une sorte d’équilibre idéal entre les expérimentations dadaïstes du René Clair d’Entracte, et la complaisance populaire de ses premiers films parlants.

Ce trait d’union, c’est celui du cinéma de science-fiction – sillon si peu exploré en France, et qui semble sur nos terres (et ici encore) ne pouvoir se formuler que sous le registre de la fantaisie ou de la fable. Mais l’équilibre ici trouvé tient aussi à une certaine abstraction : dès les premières images, dans cette grande chambre en fer où trône un simple lit, il se dessine un espace beckettien ; et le décor enchevêtré de la Tour Eiffel, par lequel on entre dans le récit avant de poser le pied à terre, ouvre le film sur un ton conceptuel qui ne le quittera pas.

S’il est foncièrement ludique, Paris qui dort semble en cela presque moins intéressé par les possibilités d’une capitale immobile (même si c’est l’occasion de quelques de jolis jeux de poses chorégraphiques), que par ce décor de Robinson Crusoé qu’est le dernier étage de la Tour Eiffel, où se réfugient vite les quelques survivants – et qui n’est d’ailleurs pas sans évoquer, dans la posture qu’il permet face au fantastique, le centre commercial du Zombie de Romero. Un petit îlot qui suggère (comme le rappellera le final) que la ville est devenue trop chaotique, trop électrique, pour être vécue autrement qu’à distance, au calme et en petit nombre, de loin et en surplomb.

Ces passages sur la Tour Eiffel évoquent un grand terrain de jeu (la structure qu’on adapte à la vie quotidienne, à laquelle on grimpe comme les gamins aux arbres, la liberté totale) autant qu’un certain vide existentiel. Quelques intertitres parlent de la lassitude de l’argent et du luxe à présent sans limite, mais c’est le décor qui plus largement travaille à ce sentiment de néant : ce vide immense et offert à deux pas duquel on badine comme si de rien n’était, avec nihilisme, sans sembler se soucier de pouvoir tomber à tout moment, offre un face-à-face bizarre avec l’immensité.

Cette angoisse latente sera laissée sans suite. Le film convainc moins en effet dans son dernier tiers, caractérisé par une série d’allers-retours scénaristiques usés de conventions (l’amourette sortie de nulle part), ainsi que par une certaine maladresse dans ses effets de vitesse (le montage, de manière générale, n’est pas des plus réussis). Reste un film authentiquement charmant (quand les avant-gardes sont d’habitude plus sinistrement “cocasses”), un charme qui bénéficie grandement du plaisir qu’ont ces personnages disparates à cohabiter ensemble ainsi et loin de tous (l’image du groupe réuni à l’asile et partageant un banc, comme il partageait un lit plus tôt dans le récit, nous dit quelque chose des excuses à se trouver pour être ensemble, voire du plaisir à s’être inventé un cataclysme pour rester tranquillement en marge de la société). Cette camaraderie lunaire et la simplicité du film (y compris dans la manière de répondre aux désirs enfantins du spectateur : vider la ville !) permettent aux expérimentations de se faire moins ostensibles, de respirer – bref, d’avoir un impact.

Film parfois sous-titré Le rayon diabolique.

Orlando Sally Potter / 1992

Orlando est un jeune aristocrate anglais ; lorsqu’il rencontre la reine Élisabeth, celle-ci décide d’en faire son courtisan favori…

Quelques spoilers (j’ai découvert ce film sans rien savoir de son récit, ni du roman originel, et je soupçonne que ce fut une raison de mon plaisir et de mon émerveillement ; si c’est aussi votre cas, je vous conseille donc de ne rien lire de ce qui suit).
 

Peu de temps à consacrer à ce blog en ce début d’automne, mais tout de même quelques mots sur ce film délicieux et vivifiant, pur spécimen de ce que les années 90 eurent de plus charmeur : ce maniérisme haut en couleur (à la fois ludique et lyrique, tout ici respire la joie et la jeunesse), allié à la fière virtuosité du cinéma indépendant d’alors, aux discours encore très assurés. Il en découle une formidable efficacité narrative, comme en témoigne notamment cette science des ellipses, qui donnent à Sally Potter des airs de conteuse (chapitrage gracieux en forme de pas de côté soudains, transitions du récit comme dansées, émaillées d’adresses au spectateur – passages de relais presque plus frappants et parlants que les segments eux-mêmes).

Faire jouer l’Orlando masculin par une actrice, la grande idée du film (le trajet du roman aurait plutôt sous-entendu l’inverse), crée finalement moins un trouble lié aux genres qu’elle ne permet de constamment préserver dans ces images d’époque une tension vivifiante (là où la surcharge costumière et décorative pouvait menacer d’empeser le récit). Cette abstraction aide aussi à entretenir un certain nombre d’illusions – la première étant de toujours conserver à l’écran, et sans que l’on s’en rende d’abord vraiment compte, l’image d’un jeune homme malgré les années qui passent (personnage qui aborde de fait toutes les situations avec pureté et innocence, avec candeur et une certaine stupeur, qui fait que le récit ne perd jamais sa fraicheur).

La fin de cette tension, à l’heure de la métamorphose en femme, transforme le film de l’intérieur : en voyant soudain l’actrice habiter le corps que la norme lui désigne, ou les parures qui lui sont dévolues, on a le sentiment paradoxal de la voir soudain “jouer la comédie”, comme dans un rôle dont les rituels sonneraient tous faux. L’effet est saisissant, mais c’est aussi le moment de la fin de l’innocence pour le personnage (et pour le public, dans un même élan), qui commence alors à porter un regard lucide et analytique sur ses pairs et son temps, délaissant le plaisir naïf et insouciant des aventures picaresques.

Et c’est ce changement de registre que Sally Potter a plus de mal à accompagner, peinant à lui trouver une forme aussi ample que celle du film qui lui a précédé. Si le passage XVIIIe siècle est d’une ironie sympathique, la rencontre avec la sexualité a plus de mal à convaincre (il faut dire que Billy Zane, sans doute choisi pour le paradoxe de ses traits légèrement féminins, impose par ses manières de top model une idée assez vulgaire de l’amour) ; quant au final, aspiré par une fuite à travers les temps qui avait jusqu’ici eu la qualité d’être discrète et subliminale, il frise le gimmick. Le grand portrait promis du genre sexué à travers les âges, les grandes leçons de l’apprentissage d’une vie, semblent soudain résumés à la trivialité d’un geste vaguement punk, dont on peut certes apprécier le court-circuit narratif. Il reste que sans démériter, le film paraît alors, pour la première et unique fois, quelque peu daté et marqué par les modes de son époque.

Rien qui n’entache, cependant, l’immense plaisir de ce petit classique instantané, qui se vit comme un généreux coffre aux trésor – et qui m’a tant envoûté que j’ai un peu peur à présent de revoir le film, craignant de n’avoir été étourdi que par le charme de surface d’un grand livre d’images (ou par des qualités, tout du moins, qui doivent davantage à Virginia Woolf qu’à son adaptation cinématographique).

 

Notes sur les films vus #21

Le Lac aux oies sauvages • Diao Yinan (2019)
Contagion • Steven Soderbergh (2011)
À propos d’Elly • Asghar Farhadi (2009)
Donnybrook • Tim Sutton (2020)
Point Break • Kathryn Bigelow (1991)
Glass • M. Night Shyamalan (2019)

La Coquille et le Clergyman • Germaine Dulac (1928)
La Reine des neiges II • Jennifer Lee & Chris Buck (Studios Disney) (2019)

Notules # 21

Votre catégorie recoupe l’un (ou plusieurs) des films suivants :
La Piscine Jacques Deray France 1969
Camille Claudel Bruno Nuytten France 1988
La Légion saute sur Kolwezi Raoul Coutard France 1980
Calcutta Louis Malle France 1969
L’Animal Claude Zidi France 1977
Stavisky Alain Resnais France 1974
Les Bonnes femmes Claude Chabrol France 1960
L’Œil du malin Claude Chabrol France 1962
La Ligne de démarcation Claude Chabrol France 1966
Un jeune poète Damien Manivel France 2014
Le Cochon de Gaza Sylvain Estibal France 2011
Au pays noir Ferdinand Zecca France 1905
Le Chemineau Albert Capellani France 1905