1917 Sam Mendes / 2020

Durant la Première Guerre Mondiale, Schofield et Blake, deux jeunes soldats britanniques, se voient assigner la mission de traverser les lignes ennemies pour porter un message urgent qui pourrait empêcher une attaque dévastatrice et la mort de centaines de soldats…

Quelques spoilers.
 

Que 1917 soit un geste maniériste fondamentalement stérile, presque vain dans sa manière de chercher un dernier souffle de spectaculaire dans le plan-séquence (ce tour de force rendu caduc par le numérique, et dont la virtuosité distraira à peine un public depuis longtemps vendu aux séries) – certes, c’est affaire entendue1. Qu’il y ait aussi une certaine vulgarité de ce projet à se présenter comme une pâle copie de Dunkerque (une foire macabre passée au rouleau compresseur d’un film conceptuel à la grande pureté formelle, des jeunes visages martyrisés face au chaos guerrier…), c’est tout aussi vrai.

Mais cela n’empêche pas de voir, passée cette défaite première, ce que le film peut créer de beau. La première chose qui frappe, et c’est à noter pour une fois que c’est vrai (et non un automatisme de journalistes fainéants), c’est la parenté du film avec le jeu vidéo. Par le suivi coulé d’une vue à la troisième personne, bien sûr ; mais surtout pour la narration qu’il emprunte au medium. De l’énonciation évoquant celle d’un jeu de plate-forme die-and-retry (la continuité structurée façon Limbo), à une avancée du récit rappelant celle des FPS dopés aux micro-scripts narratifs (toute la lignée qui part de Half-Life, en passant par Bioshock), on retrouve tant de réflexes que c’en est troublant.

Comme cette façon, par exemple, dont chaque décor semble se déplier d’un autre, faisant découvrir les lieux non pas d’une façon qui en construirait la cartographie (qui en laisserait deviner l’étendue, la logique, les entrées et les issues), mais seulement d’une manière progressive et parcellaire, collée aux basques du personnage et de son appréhension hébétée de l’espace. Chaque nouveau décor semble apparaître à la simple faveur d’un nouvel angle de prise de vue ou d’un changement d’axe, le hors-champ ignoré par le cadre dévoilant soudain tout un pan du monde dont on n’avait pas idée, ou faisant oublier et disparaître distraitement un décor qui nous semblait alors sans limites2.

La manière dont on passe d’un pré ouvert à une tranchée, d’une ville en feu à une cave silencieuse, ou d’une rivière agitée à des bois calmes, se fait ainsi presque à notre insu, comme si le spectateur et son point de vue étaient maniés par un prestidigitateur ayant endormi sa vigilance. Cela donne la sensation étrange d’un espace en constante métamorphose, un espace mental en somme : la manière dont chaque lieu semble en enfanter un autre, comme les délires successifs d’un Enfer de Dante où chaque cloaque dégueuleraient le suivant, confère au film un pouvoir onirique certain. Et la voilà retrouvée alors, cette sensation d’un gamin impréparé balancé dans un monde hallucinogène et labyrinthique dont il ne comprend rien, la caméra distante et impassible semblant le trimballer comme une marionnette.

D’autres emprunts au jeu vidéo sont sensibles dans la manière dont la narration opère : par exemple cette façon dont la continuité se retrouve “chapitrée” par les mutations du flux musical ambiant, qui nous préviennent de l’arrivée d’une nouvelle étape du récit ; ou encore la manière dont les détails de l’univers du film, ou les indices de ce qui est advenu dans les lieux traversés et à présent vides, sont distillés par une série d’éléments (cadavres, rats, pétales…) qui défilent à l’avant-plan, sans que le personnage n’en aient toujours conscience.

Le résultat de ces différents apports du jeu vidéo, c’est que le film et son plan-séquence ne cherchent finalement pas tant la tension, le tour de force, une manière savante de structurer le temps (quand il le fait, comme lors de la traversée initiale du no man’s land, il est parfaitement nul), mais plutôt une manière un peu rêveuse de faire passer son personnage du coq à l’âne, surpris qu’il semble de toujours atterrir ailleurs, comme dérivant sur un long Styx : le temps réel, ici, semble plus efficace à déréaliser la situation (coulante continuité aux métamorphoses invisibles) qu’à jouer le réalisme saisissant de la première-guerre-mondiale-comme-si-vous-y-étiez. Le plan séquence devient alors non plus une fin mais un moyen, c’est-à-dire la condition pour nous empêcher, nous refuser, d’appréhender l’espace et le temps d’une manière naturelle et rationnelle.

Pour toutes ces raisons, la seconde partie du film, plus hallucinogène, est d’assez loin la plus convaincante. Pour le reste, Mendes s’en sort diversement bien, ayant le bon goût (et ici on reconnaît les principes chers à Roger Deakins) de faire oublier au maximum sa caméra, ou à défaut d’utiliser la forme si particulière du plan-séquence au profit des situations (infinis boyaux des tranchées que la glissante caméra traverse, semblant ne jamais en voir le terme). Mais Sam Mendes n’échappe pas, à l’occasion, à la manie du remplissage (le camion embourbé) ou à contrebalancer l’exercice de style par des conventions narratives au lyrisme éculé (la jeune fille au bébé), qui font que l’ensemble sonne rarement juste. C’est dommage, mais ça n’empêche pas que ce film propose plus de belles choses et de bonnes nouvelles qu’on aurait osé l’espérer.

 
 

Notes

1 • Il y aurait beaucoup à dire, en fait, sur ce que le plan-séquence est devenu aujourd’hui pour le spectateur lambda : une figure minimale de savoir cinéphile, dont il a les codes, et dont il va pouvoir vanter le tour de force ; un parti-pris formel reconnaissable, ostentatoire, qui tient lieu de mise en scène visible, rassurante parce que visible (de la même façon que les styles outrés et très reconnaissables d’un Tim Burton ou d’un Wes Anderson peuvent jouer auprès du public la validation d’un “cinéma d’auteur” réduit à des questions de signature visuelle). Le film devient alors “étudiable” et “commentable” par ce qui tient lieu d’analyse filmique dans le champ de ruines qu’est la vulgarisation cinéma (chaines youtube, approches geek..). D’une certaine façon, que le grand public soit sensible au plan-séquence, et que la promotion du film soit construite dessus, que ce grand public n’ait même plus un rapport sain et innocent au cinéma populaire mais qu’il y cherche à présent lui aussi d’abord des signes de valorisation et de distinction sociale (un objet à discuter en soirée), comme n’importe quel étudiant Sorbonne au stade anal de sa cinéphilie, dit peut-être mieux que tout autre chose la décrépitude totale du cinéma en tant qu’art organique, populaire, du présent, parlant aux affects et aux enjeux profonds de son public.

2 • C’est un principe d’ailleurs totalement revendiqué par le début du film : un décor bucolique et intime entre deux amis ; ah non, en fait, un groupe d’une bonne dizaine de soldats en pause au milieu de nulle part ; ah non, en fait, toute une armée et son entrelacs de tranchées… La façon dont le décor, mais aussi le ton, et l’ambiance, changent à chacune de ces étapes, par la façon dont la caméra redéfinit progressivement la nature du décor qu’on est entrain de voir, est un bel exemple de la manière dont cela opère, plus discrètement, tout au long du film.

• Pour finir, je ne peux m’empêcher de vous faire partager les remarques passionnantes d’un foruméen de FDC, “latique” (son message est lisible ici), qui ouvre des perspectives remarquables sur ce qui travaille le film au-delà de sa petite foire formelle.

« Me demande dans quelle mesure le film peut s’interpréter comme une parabole sur la situation du Royaume-Uni après le Brexit – après tout, il a été écrit, tourné, par des Anglais, en Angleterre, pendant les 3 années où les Anglais ne parlaient que de ça. Ce qui frappe, quand même, c’est à quel point, dans le film, les soldats anglais sont tout seuls. Les Allemands se sont retirés, les Français sont on ne sait où. Le but de la Guerre, c’est seulement de sauver la vie des soldats anglais. Dans le camion où il fait un bout de chemin, Schofield entend l’un des soldats dire “Ce n’est même pas chez nous ici” – je cite de mémoire. Qu’est-ce qui leur reste à faire aux Anglais, une fois tous seuls ? Appeler leurs amis américains. Le film s’ouvre sur une seule date : 6 avril 1917, jour de l’entrée en guerre des Etats-Unis. Et quand tous les soldats anglais écoutent religieusement leur copain chanter “le retour à la maison”, c’est autour d’une des chansons les plus célèbres du folklore américain qu’ils le font : “The Poor Wayfaring Stranger” ».

Notes sur les films vus #20

Mirch Masala • Ketan Mehta (1987)
Scott Pilgrim • Edgar Wright (2010)
Toy Story 4 • Josh Cooley (Studios Pixar) (2019)

Le Cuisinier, le voleur, sa femme et son amant • Peter Greenaway (1989)
Bacurau • Kleber Mendonça Filho et Juliano Dornelles (2019)
Ma vie avec John F. Donovan • Xavier Dolan (2018)
Guilty of romance • Sion Sono (2011)
X-Men : Dark Phoenix • Simon Kinberg (2019)

Notules # 20

Votre catégorie recoupe l’un (ou plusieurs) des films suivants :
Pursued (La Vallée de la peur) Raoul Walsh USA 1947
Les Tueurs Robert Siodmak USA 1946
Paperhouse Bernard Rose Royaume-Uni 1988
Hantise George Cukor USA 1944
Lock-up John Flynn USA 1989
Red Heat (Double Détente) Walter Hill USA 1988
Woody et les robots (Sleeper) Woody Allen USA 1973
Charles II (TV) Joe Wright Royaume-Uni 2003
Alice et le maire Nicolas Pariser France 2019
La Belle époque Nicolas Bedos France 2019
Chanson douce Lucie Borleteau France 2019
Lola et ses frères Jean-Paul Rouve France 2018
Le Voyage du Prince Jean-François Laguionie et Xavier Picard France 2019
Inséparables Varante Soudjian France 2019

Portrait de la jeune fille en feu Céline Sciamma / 2019

1770. Marianne est peintre et doit réaliser le portrait de mariage d’Héloïse, une jeune femme qui vient de quitter le couvent. Mais Héloïse résiste à son destin d’épouse en refusant de poser. Marianne va devoir la peindre en secret…

Quelques spoilers.
 

Le cinéma de Sciamma continue de mûrir, et de grandir, par ce qui fut toujours son meilleur atout : sa dimension conceptuelle. L’épure habituelle de la cinéaste, mêlée à une rigueur et à une assurance toujours plus grandes, mènent ici à un film particulièrement impressionnant… Il y a déjà la fermeté de cette mise en scène, à l’essentialisme tout hitchcockien (intensité des observations réciproques, récit réduit à quelques signes, savants jeux de rimes), et comme toujours marquée chez Sciamma par le vide, et par sa gestion équilibriste (décors dépouillés de tout, situations à la lisière du théorique, comédiennes qui résonnent presque faux dans ces grandes salles vides). Mais il y a aussi ici, et c’est nouveau, une esthétique réellement majestueuse, réduite à quelques éléments superbement incarnés, dans un velouté aux couleurs éclatantes, à la lumière pleine et irradiante : c’est l’une des premières fois que le filmage numérique me semble non pas réduit par les contraintes mais impérial, souverain, désirable dans ses spécificités.

Si, comme dans son dernier film, l’entrecroisement féminin mène à la création d’utopies à l’idéalisme communicatif (ici un monde qui, dans le secret d’une Bretagne abandonnée de tous, se trouve littéralement débarrassé des hommes), et que Sciamma en tire quelques grandes scènes (la fête, l’avortement…), je me trouve par contre bien incapable d’investir la romance qui y fleurit.

C’est la première fois, il me semble, que l’amour lesbien (ou même l’amour tout court, d’ailleurs) n’est pas latent, chez Sciamma, mais qu’il est partagé, acté, qu’il existe pleinement à l’écran. Et cet amour, je lui trouve une certaine incapacité à se trouver une forme, une identité, qui puisse rivaliser avec l’intensité des séances de pose dont il a pour mission de prendre le relais (tout comme il peine à être à la hauteur du vrombissement politique que suggère cette solidarité féminine et égalitaire qui s’est inventée au sein de la demeure). Tous les passages censés incarner cette romance, y compris la fin (qui reluque du côté de Birth sans en retrouver la force), me semblent un peu sèchement théoriques, le film nous gagnant au final moins par identification que par sa force symbolique (la dernière vision à la porte, le tableau au livre…).

Un autre problème, ou du moins une étrangeté, parcourt le film : Adèle Haenel, actrice qui nous a régalés ces dernières années (notamment dans son potentiel de jeu comique), mais qui dans ce rôle-ci, qui consiste à poser, semble comme rentrer en conflit avec son régime de jeu habituel, plutôt porté sur l’action ou le caractère, sur l’offensive. L’actrice, dont on prépare l’avènement à l’image comme on le ferait d’une star, semble constamment empêchée dans ses capacités (tout comme son phrasé semble paralysé par la diction “d’époque”), et c’est paradoxalement Noémie Merlant qui se retrouve contemplée d’un bout à l’autre du film, visage ouvert et mystérieux, jeu plus implicite et énigmatique, rendant hors-sujet les anachronismes de phrasé par le biais d’un bel accent. Cette inversion des rôles attendus (Heanel la butée en fille sage et promise au couvent, Merlant la discrète en jeune femme en avance sur son temps et retournant les codes) crée peut-être plus de soucis qu’il ne permet d’étrangetés.

 

Balance Christoph & Wolfgang Lauenstein / 1989

Cette critique spoile le film de A à Z. Celui-ci ne faisant que sept minutes, je ne peux que vous conseiller de le voir avant de lire ce texte…

 

Balance est le pur archétype de ces courts-métrages d’animation qui envahissent les festivals – ces petits films-fable, à narration minimaliste et muette, qui descendent probablement du cinéma animé d’Europe de l’est (avec La Main, de Trnka, pour patient zéro). Une forme devenue certes conventionnelle, mais qui trouve ici son empereur.

Ce qui impressionne dans les sept petites minutes de Balance, outre son indéniable maîtrise, c’est son jusqu’au-boutisme (une idée = une forme = une scène = un film), et sa cohérence. Ce récit symbolique se construit sur un principe moral ; ce principe moral, le film l’exprime par un principe physique (la gravité) ; et ce principe physique se formalise à l’écran par une forme mathétique (froide et insensible, moins “pessimiste” que “logique”, comme un regard scientifique posé sur quelque sordide expérience sociale). De fait, la démonstration du film apparaît aussi implacable et indiscutable que les lois de Newton, scupuleusement respectées – puisque c’est uniquement par leur pureté que la narration s’exprime.
Ce qui impressionne dans les sept petites minutes de Balance, outre son indéniable maîtrise, c’est son jusqu’au-boutisme (une idée = une forme = une scène = un film). Le principe moral sur lequel se construit ce récit symbolique, le film l’exprime par un principe physique (la gravité) aux lois scrupuleusement respectées. Une forme froide, mathématique, insensible (moins “pessimiste” que “logique”, comme un regard scientifique posé sur quelque sordide expérience sociale) vient clore la cohérence d’un film dont la démonstration apparaît de fait aussi implacable et indiscutable que les lois de Newton – puisque c’est uniquement par leur pureté que la narration s’exprime.

Ce qui impressionne dans les sept petites minutes de Balance, outre son indéniable maîtrise, c’est son jusqu’au-boutisme (une idée = une forme = une scène = un film). Le principe moral sur lequel se construit ce récit symbolique, le film l’exprime par un principe physique (la gravité), aux lois scrupuleusement respectées. Et c’est une forme mathématique, froide et insensible (moins “pessimiste” que “logique”, comme un regard scientifique posé sur quelque sordide expérience sociale) qui vient clore la cohérence d’un film dont la démonstration apparaît de fait aussi implacable et indiscutable que les lois de Newton – puisque c’est uniquement par leur pureté que la narration s’exprime.

Ce qui impressionne dans les sept petites minutes de Balance, outre son indéniable maîtrise, c’est son jusqu’au-boutisme (une idée = une forme = une scène = un film). Son récit symbolique se construit sur un principe moral, lui-même exprimé par un principe physique (la gravité, aux lois scrupuleusement respectées), le tout se formulant sous une forme mathématique (froide et insensible, moins “pessimiste” que “logique”, comme un regard scientifique posé sur quelque sordide expérience sociale). D’où la cohérence d’un film dont la démonstration apparaît de fait aussi implacable et indiscutable que les lois de Newton – puisque c’est uniquement par leur pureté que la narration s’exprime.

L’avènement du pire ne semble alors qu’être la résultante logique d’un équilibre social qu’on aura trahi. Et il n’est pas interdit de voir là, dans ce film RFA datant de 1989, un troublant regard posé sur ce qu’il se passe de l’autre côté du mur. C’est-à-dire un communisme mortifère (hommes pâles, tous tristement semblables, numérotés comme les occupants d’une prison sans barreaux) dont les principes égalitaires maintiennent néanmoins une sorte d’équilibre sociétal – et dont les personnages maladifs se montrent curieusement dignes, dans cette manière de maîtriser ensemble l’enfer de leur propre situation. Un objet de désir (coloré, musical), pièce de bonheur venu de l’autre monde, amène alors avec lui la perspective d’un ensoleillement des vies, mais aussi les pulsions de possession et leur folie égotique grandissante, brisant le fragile équilibre égalitaire au profit d’un autre type de société – que résume cette image finale terrible d’un homme condamné, dans sa solitude, à baver éternellement devant une inatteignable promesse de bonheur matériel.

Cette étrange résonnance politique (celle d’un film qui, rejetant l’une comme l’autre doctrine, fait surtout le tableau prophétique d’un désastre) n’est pas la seule chose à rendre ce petit film troublant. Car sur cette fable parfaitement fonctionnelle, sur ce système narratif clos et autosuffisant, les deux cinéastes posent un regard plein de nuances et d’ambigüités. Leur mise en scène est aussi occupée à observer ses sujets dans tout leur mystère, à peindre l’ambivalence de ces moments hésitant encore entre le geste de solidarité et celui d’égoïsme, entre la boîte qu’on partage d’un commun accord ou celle qu’on vole à son possesseur, entre la curiosité et l’appréhension de ceux qui observent. Les différents rôles qui émergent progressivement de ces corps égaux (le tortionnaire, la victime, les témoins qui contrebalancent les dégâts et n’osent pas intervenir) donnent l’impression, face à ces visages tous semblables (trouble que redouble d’ailleurs le fait que les deux cinéastes soient eux-mêmes jumeaux…) l’impression d’individus qui, en croyant s’attaquer l’un l’autre, ne font à l’image que se frapper eux-mêmes. La destruction inquiète du corps social prend alors une tournure étrangement littérale, en ce qu’elle montre un même corps sadiser et subir, comme s’autodétruisant au milieu d’un palais des glaces.

Tout en élégance, à la fois prototype parfait du court-métrage à parabole et regard attristé sur ce qui s’y joue, Balance est un vrai joyau. Que la filmographie des frères Lauenstein ait pris une telle tournure à la suite à ce succès critique (animations pour pubs ou MTV, production de longs-métrages 3D industriels au style anonyme…) n’est qu’un mystère de plus à ajouter à l’éclat de sa totale réussite.

 

Notes sur les films vus #19

Went the Day Well? • Alberto Cavalcanti (1942)
Le Ballon blanc • Jafar Panahi (1995)
Vif-Argent • Stéphane Batut (2019)
La Déesse agenouillée • Mains criminelles • Roberto Gavaldón (1946-1951)
Chicken and Duck Talk • Clifton Ko (1988)
Be with me • Eric Khoo (2005)
De quelques évènements sans signification • Mostafa Derkaoui (1974)
Un nouveau jour sur Terre • Peter Webber, Lixin Fan, Richard Dale (2017)

Notes sur les films vus #19

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