Parmi les courts animés découverts ces dernières semaines (bien pratiques pour cocher la case “film vu” les jours de grande flemme !), il y a ce court britannique en stop-motion, dont le net parlait beaucoup. En décidant de croiser récit allégorique, comédie musicale, et cinéma d’animation (animation qui elle-même compile abstraction 2D et modèles 3D…), O Black hole ! s’offre une expressivité démultipliée au cube : chaque seconde parle de mille façons, résultant en un film riche et attrayant. Ce petit récit de dépression, qui s’exprime via la physique des trous noirs, a cependant aussi ses limites : construit autour d’un principe d’application (graphique, métaphorique) d’une idée initiale transparente, et cloisonné par une maîtrise narrative façon Broadway, l’ensemble ne laisse pas la porte ouverte à beaucoup de profondeur, de trouble, ou de mystère. Il y a quand même quelque chose d’un peu normatif à voir cette foire body-horror façon Cronenberg utilisée à des fins kawaï… Bref, le film ne remue que modérément son spectateur, mais c’est un parfait spectacle.
