Mars Express Jérémie Périn / 2023

En l’an 2200, Aline Ruby, détective privée obstinée, et Carlos Rivera son partenaire androïde, sont embauchés par un riche homme d’affaires afin de capturer une célèbre hackeuse…

Quelques spoilers.
 

Mars Express, tout film d’animation qu’il soit, est surtout une nouvelle incursion convaincante du cinéma français – la même année que Le Règne animal – dans le registre populaire du genre (ici, la SF). Le film n’est pourtant pas d’une folle originalité (éternel questionnement de la frontière entre humains et IA, re-digestion SF de la lutte des classes…), si l’on excepte son animation économe et un final surprenant, qui abandonne un personnage principal pour un autre, se détournant de l’humanité en même temps que le film nous quitte. L’ensemble est en tout cas adroitement écrit, toujours clair malgré la complexité de son complot, plutôt bien joué (l’insert inattendu de Léa Drucker dans ce cadre SF est une vraie bonne idée), et sait trouver son identité ailleurs que dans l’académisme d’une posture neutre et glacée. C’est aussi très divertissant, et là est peut-être la limite de ce film qui laisse tout couler (la mise en scène est peu marquée, il manque au film quelques grandes séquences), empêchant le spectateur de réellement ressentir le vertige existentiel auquel l’ensemble aspire. On notera, au passage, un petit clin d’œil très franco-français à la question des violences policières…