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Ad Astra James Gray / 2019

Dans un futur proche, l’astronaute Roy McBride est envoyé par la NASA aux confins du système solaire à la recherche de son père, Clifford McBride, disparu seize années auparavant lors d’une mission de recherche de vie extraterrestre…

Spoilers.
 

Ad Astra nous arrive tardivement, pour des raisons de production semble-t-il, après une vague de cinéma Hard-SF jouant déjà d’une partition frigide et mélancolique (Interstellar le premier, mais aussi First Man, Arrival ou High Life par exemple, voire Blade Runner 2049 si l’on en retient la solitude cafardeuse et les principes lumineux). Et on se demande du coup assez vite ce que le film de James Gray peut bien avoir à apporter de plus – sinon le plaisir, évident, de voir un gros budget manié par un talentueux cinéaste. L’épilogue du film, conventionnel et tout petit (toutes les visions mélancoliques du couple sont de manière générale terriblement attendues), achève de donner au projet l’allure d’une variation sympathique mais sans surprise sur un canevas dont on connaît désormais bien les tenants et aboutissants.

Dénombrons alors les quelques façons dont le film sait se démarquer. Par une approche plus intimiste déjà (bruits de respirations, d’explosions feutrées) qui donne aux scènes d’action et assimilées un goût engourdi assez nouveau (et assez éloigné, au final, de ce qu’avait pu proposer Gravity). Par une peinture de mondes très caractérisés, ensuite : débutant sur la lune, par cette lumière blanche toujours aussi saisissante, clinique et uni-directionnelle, puis passant par une Mars torve aux allures de SF gelée dans les canons des années 80 (différents âges de la SF semblent de fait cohabiter dans le film, comme différentes étapes de l’avancée de la frontière), le film termine sa course glacée auprès d’une Neptune monochrome et solitaire, parfaitement sépulcrale. Il faut également noter l’emploi de vieux acteurs (l’excellent Tommy Lee Jones, mais aussi Donald Sutherland) qui apportent une touche plus profonde et fatiguée au projet – sans le premier, cette quête du père resterait une thématique théorique assez scolaire, avec son lot de symboles attendus (cordon ombilical et tout le toutim) : le découvrir au contraire comme un vieil alzheimerien égaré, tournant dans sa maison de retraite (en contraste avec l’image autoritaire et sévère que suggèrent les différentes vidéos nous le présentant au cours du récit), habille la confrontation finale d’une trivialité désarmante.

Le film a pour le reste du mal à sortir de ce ton frigide et anesthésié, qui pour le genre tient désormais de la convention. Les quelques voix-off à la Malick sont aussi une solution de facilité, qui n’aident pas réellement notre implication émotionnelle. Rien de révolutionnaire, donc, juste un film remarquable de plus ajouté à la carrière de Brad Pitt – cet acteur sympathique, rarement génial, mais qui aura réussi une filmographie au palmarès de réalisateurs sans égal.
 

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