À l’approche de l’automne Mikio Naruse / 1960

Shigeko, veuve depuis peu, quitte Nagano pour Tôkyô où elle confie son fils Hideo à un oncle. Le jeune et timide garçon se sent perdu dans cette grande ville…

Quelques spoilers.
 

J’ai peu à dire, comme souvent, sur ce film de Mikio Naruse, qui procède toujours du même type de sortilège : celui d’une chronique modeste, presque anecdotique, de ce qu’est la vie quotidienne dans un contexte historique et social chamboulé, et qui se gonfle progressivement d’une profonde amertume. C’est d’autant plus le cas ici en se focalisant sur les enfants : les enjeux plus graves auxquels ils restent longtemps aveugles parcourent le film comme en sourdine, telle une lame de fond remontant progressivement à la surface. Le film sait assez brillamment garder l’équilibre entre le bonheur (disparu) et le pathos (rarement atteint), contrebalançant chaque espoir d’un rappel à l’ordre des réalités grises (l’image romantique d’une mer à aller voir qui tombe sur les récifs industriels et les chantiers ; le cousin complice en possible frère de substitution, mais qui veut vivre sa vie de jeune homme…), et en colorant chaque moment de désespoir de petites surprises du quotidien (le scarabée trouvé dans les pommes). Modeste mais convaincant.

 

Aki tachinu en VO.

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