Légers spoilers.
C’est un film modeste et sobre, qui cueille son spectateur comme une fleur. D’un sujet peu ragoûtant, et éculé par tant de biopics (la rédemption d’un artiste après son auto-sabotage, via la violence de couple et diverses addictions), Beresford et Duvall tirent une fiction assez inhabituelle, uniquement consacrée à l’après et la dernière phase, c’est-à-dire à la reconstruction sur les ruines. Là où le film est gagnant, c’est qu’il ne fait preuve d’aucune fascination refoulée pour cette "vie d’avant", qu’on pourrait craindre voir s’inviter dans le film, comme l’ancien pote malfrat perturbateur le fait dans les films noirs. Le récit consiste plutôt en la reconstruction patiente et tâtonnante d’une vie de famille stable, le spectateur attendant constamment un revers ou un retour de bâton qui ne vient pas – et quand il arrive finalement, le personnage s’est assez reconstruit pour pouvoir le gérer, dans la mesure du possible. La tranquillité du film, tout à son rythme country et à son ton d’americana, se fait au prix d’un certain nombre d’ambiguïtés (la religion par exemple, sur laquelle il manque un point de vue très net…), mais l’ensemble en vaut la chandelle.
Tender Mercies en VO.
