Profanazione Eugenio Perego / 1924-1926

Pour sauver son frère prodigue de la disgrâce, Giulia se donne au meilleur ami de son mari et se retrouve enceinte…

Spoilers.
 

Ce récit d’une paternité remise en question me donne l’occasion, pour la première fois sauf erreur, de découvrir un muet italien des années 20. Et la surprise est qu’il n’y en a pas vraiment : comme dans leurs années 10, on est toujours dans des récits construits autour d’un personnage féminin central au visage contemplé ; et si la mise en scène est ici plus adaptée au montage classique, on reste de plein pieds dans le drame bourgeois qui régnait encore dix ans plus tôt, avec tout ce que cela comporte de morale douteuse : l’importance patriarcale de la vraie filiation, qui aboutit à cette conclusion faussement magnanime qui ne tient qu’à un pari (aimez les deux, comme ça vous serez sûr d’aimer la vôtre). Le film reste par contre plaisant pour la façon dont il reste fixé à ses personnages et à leurs visages, à leurs émotions, au travers des situations humainement violentes et des tourments qui en découlent (tout le passage du viol, notamment, est assez fort, celui du rejet d’une des filles également). Il y gagne une certaine épaisseur mélodramatique, qui fait oublier l’artificialité ou la maladresse de ses rebondissements et retournements.

 

Laissez un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont marqués *

Vous pouvez utiliser les balises et attributs HTML suivants : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>