Un des films de la rétrospective tchèque, qui a eu lieu cet automne à la fondation Pathé Seydoux. Situé dans une plaine enneigée offrant une forte imagerie à ses petites péripéties de conte, Le Paradis blanc séduit par sa forme ample et généreuse, par son entrain, ou encore par son tact lors de certaines scènes (la fin, tout en pudeur). Cette histoire d’un homme évadé de prison pour aller soigner sa mère se retrouve cela dit gênée par plusieurs vulgarités : des personnages sans ambiguïté, une orgie de cartons inutiles, un rythme trop accéléré, et un jeu d’acteur inégal (l’actrice bourrée de simagrées comiques, le réalisateur se filmant amoureusement lui-même). Ces maladresses font écho à un scénario de feuilleton pour journal populaire, qui accumule les facilités et rebondissement maousses (le médicament !) comme excuse pour croiser tous ses personnages, ce qui fait qu’il est un peu difficile de prendre tout cela au sérieux (le film l’assume d’ailleurs partiellement, gardant jusqu’au bout un caractère comique). L’ensemble aurait surtout gagné à se construire autour de l’unité de temps et de lieu de la nuit de noël, car beaucoup de ses efforts semblent uniquement dédiés à faire comprendre ses trop nombreuses péripéties, au détriment de l’expressivité.
Bílý Ráj en VO.
