Les Tziganes Karel Anton / 1921

Giacomo, gondolier vénitien, est amoureux d’Angelina. Un jour, la belle est emmenée par un riche étranger, le comte tchèque Valdemar Lomecký. Mais l’impitoyable homme se lasse d’elle et la rejette…

Quelques spoilers.
 

On a un peu du mal à voir ce que Les Tziganes a exactement à voir avec le monde tzigane (sinon pour justifier un récit de passions, peut-être ?), cette culture n’étant ici que l’arrière-plan d’une histoire de gondolier parti rechercher une femme lui ayant préféré un autre. Le film de Karel Anton se montre extrêmement instable dans sa première partie : découpage elliptique alternant images symboliques surlignées et histoire racontée par à-coups, avec moins de temps d’image que d’intertitres (intertitres aux velléités politiques par ailleurs maousses), pendant que les filtres colorés changent au sein même des scènes… S’installant plus posément dans sa deuxième partie (qui change de décor en quittant la ville), le film nous offre une histoire outrée mais justement intéressante parce qu’elle produit des images outrées, primales, plutôt bien mises en valeur (la mère devenue monstre fou dans sa grotte, le miroir entre jeunes et ancêtres, l’ogre violeur en son château qu’il faut fuir…). On finit par lâcher sur la fin, tant s’y enchaînent des rebondissements à faire pâlir une télénovela, mais ce jusqu’au-boutisme permet de produire quelques moments un peu fous (l’homme qui maudit sa femme sur le gibet). Le plan final épuré permet de clore ce bouillon instable sur une note plus calme et mystérieuse.

 

Cikáni en VO.

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