Les Camarades Mario Monicelli / 1963

À la fin du XIXème siècle, dans une fabrique textile de Turin, les ouvriers, soumis à un rythme de travail infernal, voient se multiplier les accidents…

Légers spoilers.
 

Devant ce grand portrait d’usine on se dit qu’on a en fait rarement vu ça, au cinéma : le travail ouvrier de masse regardé avec attention, vu depuis la pratique des travailleurs sous le poids de l’imposante machinerie, sans pourtant en passer par le filtre idéalisé d’une utopie mécaniste soviétique. Le film de Monicelli est assez saisissant pour ça, et plus généralement pour ses portraits d’ensemble du corps ouvrier, pour sa manière de montrer comment une grève se rate d’abord, se réajuste, se transforme – ses meilleures séquences (celle du train, celle de la charge finale) sont celles mettant en scène le groupe. En bon film populaire italien des 60’s-70’s, Les Camarades vient fouiller la merde là où ça fait mal, ne se penchant pas tant sur l’opposition ouvriers/patron que sur celle, plus pernicieuse, entre intellectuels et ouvriers au sein de la même cause. Il en ressort un portrait néoréaliste humainement ingrat, qui n’est définitivement pas came, mais dont je ne peux que reconnaître la qualité.

 

I compagni en VO.

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