Réputé être le tout premier film à sous-texte homosexuel (la fascination d’un peintre pour son jeune modèle, qui lui soutire son argent au profit d’une femme), Les Ailes n’est pas à la hauteur de son cinéaste. Si la manière de Stiller (précise, ferme, sans effets, concentrée) est toujours appréciable, ce film ne lui donne pas beaucoup d’occasions de briller… C’est encore partiellement le cas dans la première partie, où les rapports de séduction, d’abord asymétriques puis partagés, offrent de belles possibilités de cinéma (remarquable scène de pose par exemple, où l’écran se retrouve presque abstraitement découpé en deux, faisant dialoguer observateurs et figure observée). Mais le fait que l’homosexualité soit à peine effleurée, même suggestivement, n’aide pas à éveiller notre curiosité pour ce qui reste un argument dramatique très maigre – et on ne peut s’empêcher de penser que ces prologues et épilogues meta à propos du tournage, dont il ne reste que des photogrammes et dont on a bien du mal à saisir l’intérêt, sont d’abord là pour divertir un récit minuscule dont Stiller, au fond, n’avait pas grand-chose à dire.
Vingarne en VO.
