Flee Jonas Poher Rasmussen / 2021

Pour la première fois, Amin, 36 ans, un jeune réfugié afghan homosexuel, accepte de raconter son histoire…

 

Flee confirme, après Valse avec Bachir, combien l’animation sied idéalement au documentaire : tour à tour, le dessin permet une forme de pudeur, mais aussi de sortir la crise des réfugiés de ses diverses imageries clichées, en nous immergeant plus facilement dans l’intimité de cette famille (lorsque les quelques images de JT apparaissent par bribes, il est d’ailleurs frappant de voir combien elles ré-ancrent violemment le pays et ses habitants dans un monde « étranger »). L’animation permet également, à l’occasion, d’exprimer davantage (les souvenirs traumatiques traduits en images mentales plus abstraites et monochromes), les variations du dessin permettant de glisser imperceptiblement d’un régime à l’autre… Par son dispositif particulier (accouchement d’une histoire tue, pacte documentaire fait presque dans le dos du conjoint), le film sait traverser les diverses couches historiques ou politiques de son sujet pour toucher à l’intime, et se rendre émouvant. Certes, rien ici n’est exactement surprenant, ni révolutionnaire (seules quelques rares idées sortent du lot : l’origine exacte des visions d’ouverture, le suspense final avec le grand frère…), mais le dispositif est parfait, et le film sans faute aucune.

 

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