Des tops, des tops, des tops ! 2025

Ce blog étant au point mort, et la plupart des films vus cette année dormant encore sur mon disque dur à l’état de brouillons, je profite de ce topo annuel pour donner des nouvelles !

 

2025

Cette année a pour moi été l’occasion d’un changement radical : ayant depuis deux ans commencé à développer des migraines, qui se déclenchent notamment en salles, j’ai pris la décision de totalement déserter les cinémas. Crime de lèse-majesté cinéphile, qui m’a en fait confirmé quelque chose que je pressentais déjà plus ou moins : je “rentre” bien mieux dans un film quand je le regarde chez moi (dans des conditions tranquilles, sans me sentir coincé si j’ai besoin d’une pause, à travers un écran à la lumière vivace) que quand je le découvre en salle (avec un public parfois gênant, des lumières parasites, des projections ternes à la définition clinique, et l’impression claustro d’être enfermé).

Seul point négatif, je découvre désormais l’actualité avec un fort décalage : malgré le resserrement du calendrier des sorties, le gros du deuxième semestre 2025 m’est encore inaccessible, du moins dans une qualité acceptable. Si ce délai permet de sortir de l’hystérie de l’actualité et de faire un premier tri (qui se souvient encore en cette fin d’année du dernier Almodóvar, pourtant “film-à-voir” il y a à peine douze mois ?), cela rend bien difficile l’établissement d’un top annuel au moment où tout le monde s’y amuse.

Voici donc, pour le moment, le plus beau de ce que j’ai vu des sorties 2025. Rien de bien surprenant, certes, par rapport aux goûts de la presse (le film de Leonardo Van Dijl excepté, que je semble le seul à avoir adoré à ce point).

 






Tardes de Soledad • Albert Serra
Julie se tait • Leonardo Van Dijl
Une bataille après l’autre • Paul Thomas Anderson
Black Dog • Hu Guan
Eephus • Carson Lund
Life of Chuck • Mike Flanagan
 

Avec, pas loin derrière : Vermiglio, The Brutalist, Le Roi Soleil, Nino et A House of Dynamite.

Reste ensuite tous les films qui n’ont pas encore de copie de qualité suffisante (selon mes critères certes assez maniaques), ou de copie assez bien sous-titrée, et qui constituent autant de titres importants à rattraper : la trilogie norvégienne, L’Agent secret, Le Rire et le couteau, Valeur sentimentale, Oui, Un simple accident, Nouvelle vague, Arco, Imago, Le Cinquième plan de La Jetée, Dossier 137, À 2000 mètres d’Andriivka, Mektoub, My Love : Canto Due, Resurrection, Magellan, et le dernier Avatar, même si c’est sans grande conviction.

D’autres films initialement notés à mon agenda (La Chambre de Mariana, Bird, La Voix de Hind Rajab…) passeront sûrement à la trappe, faute de motivation suffisante. S’il faut faire un bilan à mi-chemin, il me semble malgré ces bons films qu’on est loin des sommets de 2023 — cette décennie de cinéma, à son mitan, est décidemment un peu difficile à cerner, comme si le cinéma lui-même végétait sans trop évoluer, incertain de son destin menacé de toutes parts.

 
 

Pas 2025

Sur le plan du patrimoine, cette année a d’abord pour moi été marquée par un retour au cinéma chinois, et par l’exploration approfondie du cinéma russe pré-révolutionnaire (en complément de recherches théoriques dont je publierai peut-être un jour le résultat ici). Pour le reste, comme l’an passé, mon année de découvertes s’est caractérisée par un très bon niveau moyen, sans qu’aucun chef-d’œuvre ne s’en dégage. Un peu difficile, de ce fait, de trancher parmi cette profusion d’excellents films, mais voici ceux qui me sont le plus restés en tête (dans un très vague ordre de préférence) :

 

Fleurs de papier
Guru Dutt / 1959

 

L’Échelle de Jacob
Adrian Lyne / 1990

 

Les Aventures du Prince Ahmed
Lotte Reiniger / 1926

 

Démons
Toshio Matsumoto / 1971

 

Hands Across the Table
Mitchell Leisen / 1935

 


Le Portrait
Ladislas Starewitch / 1915
Le Père Serge
Yakov Protazanov / 1917
 
 

 

Un homme qui dort
Bernard Queysanne & Georges Perec / 1974

 

La Terre jaune
Chen Kaige / 1984

 

Dragon Inn
King Hu / 1967

 

Un cottage dans le Dartmoor
Anthony Asquith / 1929

 

Y aura-t-il de la neige à Noël ?
Sandrine Veysset / 1996

 

Basketteuse n°5
Xie Jin / 1957

 

Parmi les autres très bons films vus, citons Ako (Teshigahara), Man on the roof (Widerberg), Maternité éternelle (Tanaka), La Fureur de vaincre (Lo Wei), N’ouvre jamais cette porte (Christensen), Nostos (Piavoli), In a Lonely Place (Ray), La Rue sans joie (Pabst), The Long Day Closes (Davies), Nothing but a man (Roemer)… Autant de titres dont la critique attend patiemment d’être mise au propre.

 

Reste la question de ce blog, qui a cette année fêté ses dix ans. Mis à part quelques articles généraux plus ambitieux, associés à un travail de recherche (articles sur Alice Guy, sur le numérique…), la rédaction des textes y a dès les premiers jours constitué une corvée laborieuse, dénuée du moindre plaisir.

Pour tenter d’y remédier, j’ai commencé cet automne à poster mes textes d’abord sur mon compte letterboxd, motivé par le fait d’écrire pour des destinataires immédiats, dans une logique de communication (l’idée de voir aussi un film “pour les autres”), ce qui fait que je ressens moins la pression du “bon texte” à produire. J’y retrouve aussi parfois la motivation à publier mon avis dans la foulée du visionnage… L’idée pour l’instant est de continuer à mettre au propre ces textes un peu plus tard, sur ce blog, avec un œil neuf permettant de les arranger un peu. Mais je n’exclue pas d’abandonner la chose cette année si je vis cela comme un travail, et d’alors uniquement me consacrer au réseau social cinéphile à la mode.

Bon courage en tout cas aux braves camarades blogueurs (la solitude du net est rude), et bonne année tout le monde !
 

Réactions sur “Des tops, des tops, des tops ! 2025

  1. cette usure de l’envie d’écrire est triste, mais est une attitude honnête comptes tenus de l’aspect 1913 ou 1938 de l’époque, de la vacuité du cinéma (pour qui le rapport au présent a cessé d’être un enjeu. peut-être un peu en Iran) du caractère vain, cynique et sollipsiste de la cinéphilie sur Internet (auquel ce blog échappait un peu, mais plutôt sous l’effet d’un scrupule que d’un projet, il est vrai qu’il faut trouver avrc qui le partager). Quelque chose est mort et ne reviendra pas, la confusion entre gratuité et vol (je pense à vk, Darkino) a finalement accélérer une inflation qui a tué ce qui circulait

  2. Hello ! Je suis pas sûr perso, dans mon cas en tout cas, que ce soit dû à l’usure face du cinéma ou de mon rapport au cinéma (même si elle existe aussi), en tout cas pas autant qu’une question de support. J’ai toujours été plus à l’aise quand le texte était un simple moyen de communication plutôt qu’une fin en soi, on écrit très différemment, plus simplement. J’ai l’impression que la forme blog (à moins de la considérer comme un book où on accumule ce qu’on a fait) n’est finalement peut-être pas très adaptée, en tout cas plus au net tel qu’il existe aujourd’hui.

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