En plein feu Quentin Reynaud / 2023

Un feu géant ravage la forêt des Landes. A la suite d’une alerte évacuation, Simon et son père Joseph quittent leur domicile mais se retrouvent rapidement prisonniers de leur véhicule…

Spoilers.
 

En plein feu confirme les promesses, comme les limites, que laissaient entrevoir le premier film solo de Quentin Reynaud : soit un cinéma conceptuel et plutôt ambitieux, mais aussi bien trop théorique, peuplé de personnages ingrats ou peu aimables (ce à quoi n’aide pas Alex Lutz, dont il émane quelque chose de sec et de fermé), et se reposant plus généralement sur un matériau humain qui sonne un peu prétexte. De ses multiples tentatives, le film en réussit une, remarquablement : cette longue glissée en temps réel du départ en voiture jusqu’à l’incendie, qui avec sobriété et sans grands effets nous fait doucement passer, sans qu’on s’en aperçoive, d’une situation anodine de quotidien à un traquenard cauchemardesque. Tout le reste, par contre, échoue davantage à convaincre ou à prendre corps, et les différentes idées qui parsèment le film (les histoires du père qui radote, le trauma, la rencontre symbolique avec une femme enceinte, la radio omniprésente qui prend souvent le pas sur la narration…) donnent l’impression d’essais un peu hasardeux, à l’effet au mieux incongru, qui s’empilent au gré d’un récit composite dont la fragilité se trahit par les nombreuses invraisemblances qui parsèment le scénario : sortir sans rien pour se protéger le visage, ne pas faire plus d’un essai pour détacher la remorque, les pompiers qui croisent un civil perdu sans s’arrêter, le fils qui retrouve magiquement son père au milieu de nulle part… On a un peu du mal à croire que le cinéaste a foi en ce récit de trauma et de filiation qui, faute de s’incruster profondément dans la mise en scène et ce qui la fascine, ressemble à une note d’intention visant à donner légitimité et profondeur à un projet purement conceptuel. Peut-être faudrait-il mieux pleinement assumer celui-ci comme tel.

 

Notules # 25

Votre catégorie recoupe l’un (ou plusieurs) des films suivants :
Les Chiens Alain Jessua France 1979
La Vache et le prisonnier Henri Verneuil France 1959
Diaboliquement vôtre Julien Duvivier France 1967
Le Marginal Jacques Deray France 1983
Le Solitaire Jacques Deray France 1987
Le Professionnel Georges Lautner France 1981
L’Alpagueur Philippe Labro France 1976
Monsieur Klein Joseph Losey France 1976
Vacances portugaises Pierre Kast France 1963
Une femme qui s’affiche George Cukor USA 1954
Incident de frontière Anthony Mann USA 1949
Assunta Spina Gustavo Serena Italie 1915
Fièvre Louis Delluc France 1921
Mandibules Quentin Dupieux France 2021
Cinquième Set Quentin Reynaud France 2021
Chacun chez soi Michèle Laroque France 2021
The War Below J.P. Watts Royaume-Uni 2021
Redemption Day Hicham Hajji USA 2021
The Mortuary Collection Ryan Spindell USA 2019
Monsters of Man Neal McDonough Australie 2020