Légers spoilers.
À nous les petites anglaises, sorte de version discount des Petites amoureuses d’Eustache, m’a d’abord fait très peur : au milieu des multiples comédies françaises feignasses des années 70, en voici une qui semblait partie pour se vautrer dans tous les clichés machistes et déplaisants du genre (moquons la grosse, trouvons quelle fille baiser, etc). Le film, sur la longueur, se révèle en fait étonnamment calme et défait. Les adolescentes s’y débrouillent très bien toutes seules (même la fille harcelée aura sa revanche), les deux jeunes coureurs de jupons comprennent bien vite qu’ils courent surtout après l’affection, et derrière quelques réflexes ayant mal vieilli, l’ensemble résonne moins des clichés grivois attendus que d’une utopie libertaire où personne n’est à personne. S’il n’y a là rien pour faire un bon film (le projet n’a pas les moyens cinématographiques de faire autre chose que décréter la mélancolie qu’il vise), le résultat n’a donc rien de déshonorant.
