Mes petites amoureuses Jean Eustache / 1974

Daniel, jeune garçon taiseux qui observe les filles avec convoitise, est élevé par sa grand-mère à la campagne…

 

Mes petites amoureuses, troisième film que je vois de Jean Eustache, me laisse une fois de plus comme face à un mur, incapable de saisir le but de ce cinéma, le sens de son style, la clé pour l’aborder. Pas que je sois hermétique au plaisir de ce jeu d’acteur neutre et articulé, qui pose sur les aventures et pulsions de l’adolescence un regard blanc, précis, et calmement lisible. Cette manière égale n’est d’ailleurs pas dénuée d’un certain onirisme, que renforce cette structure en segments disparates enchaînés par autant de fondus au noir (comme des perles sur un collier de souvenirs), ou encore ce héros au corps et au visage de petit garçon, pourtant filmé (et agissant) comme l’un des adolescents quasi adultes qui l’entourent, embrassant des filles qui ont l’air plus âgées que lui – comme si le film était en déni généralisé de son apparence, donnant à l’ensemble des airs étranges de projection mentale. Mais passées ces légères étrangetés, j’ai du mal à m’enthousiasmer outre-mesure, et à y voir le grand film que beaucoup y ont vu.

 

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