La Rivière se suit plutôt agréablement : sa pente militante barbante (personnes défendant toutes la même cause, toutes d’accord entre elles, sans point de vue opposé – ce qui n’est pas nouveau chez Dominique Marchais) se trouve transcendée par le plaisir à écouter des personnes compétentes, scientifiques ou spécialistes parler de ce qu’elles connaissent et de ce qui les passionne. On peut néanmoins être dubitatif devant la capacité de la critique française à se contenter d’un tel académisme, qu’on n’accepterait pas une seconde en fiction. Toujours ces plans muets de contexte appelant à notre attention visuelle et auditive, toujours ce sage défilé de personnes et de lieux ayant chacun leur moment bien détouré… On est dans une routine totale que même les quelques belles ambiances captées, ou le côté étonnamment positif du projet (recréant par le montage une sorte de communauté autour de la rivière), ne parviennent pas à faire oublier. Que le documentaire de création se contente éternellement de la même mise en scène, du même système narratif, comme on appuierait continuellement sur l’unique note d’un piano de 80 touches, n’est plus une situation dont je suis capable de me réjouir.
