Orca Michael Anderson / 1977

Passant outre les conseils de la scientifique Rachel Bedford, le capitaine Nolan décide de tuer un épaulard. Une chasse à mort s’engage…

Légers spoilers.
 

Devant Orca, on pense d’abord au Jour du dauphin, autre film hollywoodien qui surfait sur la mania seventies pour les cétacés (sur un mode vaguement hippie typique de l’air du temps, qui fantasmait de ne faire qu’un avec cette nature dont on aurait sous-estimé la folle intelligence). Le film de Mike Nichols frôlait déjà dangereusement la niaiserie, tout en se prenant très au sérieux ; celui de Michael Anderson s’en sort encore moins bien. L’écart entre les péripéties dignes d’un film pour enfants (l’orque qui planifie de renverser du pétrole puis une lampe pour y mettre le feu…), et le sérieux de pape aux accents tragiques qui leur sert d’écrin (de la musique de Morricone aux déclarations ampoulées que Richard Harris profère les yeux dans le vague une scène sur deux, comme converti à quelque secte), finit par se faire réellement problématique. Le film prend plus de coffre sur le tard, dans son versant obsessionnel façon Moby Dick (la fuite déraisonnée vers les glaces, l’équipage sacrifié un à un à la folie d’un capitaine s’imaginant en symbiose avec son ennemi). Mais du fait du talent limité du cinéaste, et de nombreuses maladresse ou de choix ridicules (montages forcés peu crédibles pour simuler un comportement animal intentionnel, dialogues trop lyriques, Rampling en nuisette quand tout l’équipage est frigorifié aux pôles, Harris qui barbotte sans broncher dans les eaux glacées..), il émane plus souvent du film un parfum de nanar honnête que celui d’une prise de risque précieuse.

 

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