S’il en représente le haut du panier, ce n’est pas Le Feu follet, sur la journée d’un dépressif, qui va dissiper mes réticences face aux fictions de Louis Malle. Qu’importe les acteurs formidables, la belle utilisation de Satie, ou les dialogues savants : le projet n’est qu’un exposé déprimé se résumant à tout peindre en gris, et se contentant d’outils convenus (grandes soirées bourgeoises) pour nous donner, nous aussi, envie de nous flinguer. Les palabres du film notamment, qui n’ont rien à envier aux ivrognes dans leur volonté de démontrer tout et son contraire (jusqu’au carton final, geignard et égotique comme le reste), finissent par fatiguer à force d’aller nulle part. Concédons néanmoins que le segment central du film dénote : la dépression gagne alors à dialoguer avec des opposants plus solaires (dans des moments où la mise en scène, par ailleurs, s’investit davantage), et à affronter des personnages au caractère affirmé et séduisant, qui confèrent à l’ensemble une tonalité plus douce-amère.
