Quelques spoilers.
School on fire fait une transposition brutale des rapports mafieux au sein du milieu scolaire – et en observe, par ricochet, l’impact sur les familles de tous ces élèves. Les sempiternelles violences, chantages et intimidations propres au genre, devenues des lapalissades quand elles sont montrées dans le milieu des gangsters, retrouvent toute leur violence viscérale une fois insérées dans ces discussions et décors du quotidien : sans échappatoire (sans vie normale sur laquelle se replier, ou à laquelle aspirer), le film oblige chacun à prendre position au sein des jeux de domination. La solidité de la mise en scène finit néanmoins par quelque peu se brouiller, justement quand le film quitte l’école (qu’on y revienne symboliquement et rapidement pour le final, en invoquant le lycée comme un “territoire”, n’y change rien) : le dernier tiers du film consiste globalement à voir des gens hurler, se frapper, et se retenir les uns les autres, pour entretenir un chaos général qui dit certes un état d’implosion sociale, mais qui ne raconte plus grand-chose de précis. Dans ces moments, les clichés et la grossièreté d’un certain cinéma de genre (effets de brutalité appuyés, personnages brossés à gros traits) semblent reprendre le pas, le film paraissant désœuvré dès qu’il n’a plus de quotidien tranquille à contaminer. Il y a également un mystère : l’origine de cette romance entre la bonne élève timide et ce truand qui ne fait même pas partie de l’école – un hors-champ inexpliqué, et bien pratique, qui relève d’une certaine facilité scénaristique. Ces réserves mises à part, School on fire reste dans le haut du panier du cinéma HK d’alors, d’autant plus à considérer qu’on n’a là que la version censurée, et donc affadie (un coup d’œil aux coupes effectuées révèle en effet un film encore plus saillant).
Xue xiao feng yun en VO.
