Breaking Away Peter Yates / 1979

À Bloomington, petite ville de l’Indiana, quatre adolescents issus de la classe ouvrière trompent leur ennui entre baignades dans une carrière abandonnée, bagarres et drague…

Légers spoilers.
 

Breaking Away ressemble à un film US des années 80 (chronique d’une bande d’ados et de post-ados, ton comique, optimisme final) qui aurait ingéré un film US des années 70 (réalisme social, complexes de classe). Malgré cette singulière hybridation, le résultat m’a un peu déçu. Le film a quelques atouts (comme ce beau décor de carrière), mais pâtit d’échanges dialogués peu naturels, et de personnages aplatis à un unique trait caricatural, souvent ingrat et trop forcé pour être crédible (le mensonge énorme à tenir, la rancœur univoque du plus âgé). Yates déséquilibre par ailleurs son trio central en ne s’intéressant clairement qu’à l’un de ses trois personnages. Bon an mal an, son film sait néanmoins se faire plus stimulant, dans sa manière de briser les idéaux de ses protagonistes sur le tard, ou encore par l’attrait Ben-Hurien de sa course annoncée. Reste qu’il était possible de faire mieux à partir de ce magma de rancœur sociale : quelques rares moments, comme celui du chef de meute universitaire soudain interloqué devant la rage de son concurrent prolétaire, qui continue à nager malgré sa blessure, nuancent joliment le conflit de classe trop souvent grossier qui meut le film.

 

La Bande des quatre en VF.