F for Fake Orson Welles / 1973

Habillé en prestidigitateur, Orson Welles annonce qu’il va dire toute la vérité sur Elmyr de Hory, l’un des plus célèbres faussaires au monde, dont les toiles ont trompé les meilleurs experts…

 

F for Fake, bilan d’une filmographie de narrateur-menteur, devrait s’offrir comme le salut final ludique d’une carrière pleine de maîtrise. Il s’en présente malheureusement plutôt comme la forme dégradée. Déshabillé de l’expressionnisme, le cinéma de Welles n’a ici plus que sa science du montage pour déployer sa fibre baroque : son découpage s’avère brouillon et fatiguant, ressassant trop longuement un sujet qui aurait davantage convenu à un court-métrage. Il semble, au fond, ne rester de la virtuosité de Welles que ses effets de manches, une façon de jouer et de narrer qui tourne désormais à vide, en toute facticité. L’autoportrait, celui d’un bonimenteur dont l’agitation est sa propre fin, se fait alors un peu triste… Pour la première fois, par ailleurs, le cinéma de Welles m’a semblé daté, marqué par les modes de son époque. Le segment Picasso, où Welles recommence à créer ses propres images, et où le montage se fait plus joueur et diffracté, repose un peu le film sur ses pattes, mais l’ensemble reste néanmoins décevant au vu de sa grande réputation.

 

Vérités et Mensonges en VF.