Le Livre des solutions, quatre ans après Douleur et Gloire d’Almodóvar, confirme que les films de cinéastes mettant en scène leur propre processus de création sont un exercice ambigu. Si Michel Gondry ne se ménage pas dans l’inventaire de ce qu’il fait subir aux autres (c’est même le principal moteur comique de son film), on ne peut que remarquer combien son personnage aura au final eu raison, combien d’idées grandioses découlent de ses manies. Au point que ce film sur l’enfer que la bipolarité fait vivre aux proches devient peu à peu une sorte de justification de la non prise de médocs… Chaque idée ingénieuse (et il y en a) devient alors suspecte d’autocélébration. Dur de savoir, cela dit, s’il est possible de réussir cet exercice autrement qu’en se lançant des fleurs d’une manière ou d’une autre (puisqu’il s’agit toujours, en bout de course, de justifier le fait de faire des films). La qualité des comédiens, tous exceptionnels, permet au moins de nuancer un peu ce tableau.
