Venez voir Jonás Trueba / 2022

Une nuit d’hiver à Madrid, deux couples d’amis se retrouvent après s’être perdus de vue…

Légers spoilers.
 

Venez voir est l’un de ces consensus inexplicables dont la critique française pointue a le secret. Hormis une vague joliesse, et la petite singularité d’un film court structuré en deux temps, on voit mal ce qui ici pourrait convaincre. Le film est d’un ennui profond malgré sa courte durée, et on peine à comprendre l’envie de peindre ces couples amers aux conversations gênées (qui a envie d’être de ces amitiés distantes, de ces relations amoureuses grises, qui a envie d’aller au ciné pour voir ça) ? Le tout dans un monde palpitant où les enjeux majeurs consistent à discuter du dernier essai intellectuel à la mode, ou à visiter une maison… Le film se termine sur un parti-pris aléatoire qui fait déjà partie depuis longtemps du jeu de cartes du cinéma d’auteur (l’hommage à Kiarostami a bon dos pour justifier le manque d’inspiration). Vaste incompréhension donc, devant un objet qui s’il laisse percevoir de potentielles et très menues originalités, donne surtout l’impression d’un cinéaste qu’il faudra redécouvrir dans quatre ou cinq films, quand il se sera sorti les doigts.

 

Tenéis que venir a verla en VO.