Quelques spoilers.
Nous, les Leroy se tient dans une sorte d’entre-deux. D’un côté, le film accorde bien plus de soin à son récit et à ses personnages que la majorité des comédies mainstream françaises (On sourit pour la photo, dont il semble être le quasi-remake, en donne par comparaison la mesure). Un certain réalisme notamment, sa tendance au drame et quelques ambitions sur le plan émotionnel, attestent d’un projet qui tient plus à cœur à son cinéaste que le produit TF1 lambda – et sur ce point, les deux acteurs jouant les adolescents, ou la toujours excellente Charlotte Gainsbourg, apportent une vraie plus-value. Ces ambitions restent cependant coincées par le modèle du film populaire français comme Apollo Films en produit tant, avec ses limites induites, son incapacité à penser au-delà d’un certain cadre, notamment en termes de mise en scène (ici très passe-partout), ou de scénario qui semble comme calibré par un manuel de script américain. On sent bien çà et là des inspirations venues d’ailleurs (le début concept façon Là-haut, la configuration finale toute hollywoodienne et bien trouvée permettant à père et fils de dialoguer ensemble), mais peu d’éléments dépassent l’ambition d’un film à sketches et à rencontres (c’est-à-dire principalement conçu pour pouvoir inviter tous les copains comiques à venir faire un numéro), à la narration péniblement non-évènementielle, ne comptant que sur l’hystérie de Garcia (inutilement gênant et agressif) pour créer des rebondissements à vide, et réveiller le petit périple. On sent une envie de réalisme (oui ce week-end ne pourra être que médiocre, oui il faudra que la solution se compose à partir de cette médiocrité), mais on sent aussi le film coincé par son incapacité à penser le pas de côté, se contentant de baliser ses moments marquants en lançant une musique émotion sur un montage anodin.
