Cet été-là Éric Lartigau / 2022

Deux fillettes qui se retrouvent chaque année durant les vacances voient leur solide amitié vaciller après un simple été passé loin l’une de l’autre…

Quelques spoilers.
 

Cet été-là, sur les vacances d’adultes observés via le point de vue d’une petite fille au seuil de l’adolescence, est un film oubliable, correctement mené mais assez fade (il suffit de comparer la séquence de la fête à celle du récent Falcon Lake pour bien s’en rendre compte). Quoique servie par quelques répliques clichées et un jeu inégal, la relation entre les deux gamines reste l’intérêt principal du projet qui, pour le reste, à part confronter Gael García Bernal à des acteurs français, ou creuser ce personnage de quinquagénaire amère que se construit Marina Foïs de film en film, offre un intérêt assez limité, au gré d’une dramaturgie foutraque et aléatoire (“tiens, une attaque de sanglier”).

 

La Famille Bélier Eric Lartigau / 2014

Dans la famille Bélier, tout le monde est sourd sauf Paula, 16 ans. Un jour, poussée par son professeur de musique qui lui a découvert un don pour le chant, elle décide de préparer le concours de Radio France…

 

Si ce succès récent, vu entre deux comédies d’après-guerre un poil plus ambitieuses, permet de mesurer la chute de qualité du genre en France, c’est loin d’être une comédie aussi désespérante que le produit standard de son époque. On dénote quelques situations bien pensées, des personnages secondaires bien sentis (l’amie libérée sexuellement), et quelques embryons de scènes qui font mouche : cette voix qui sort de la jeune fille en lui échappant comme un retour du refoulé, la performance-clé dont le film nous retire le son, le choix de la chanson finale… À chacun de ces moments, cependant, on est tout autant marqués par l’absence d’une véritable mise en scène, qui saurait transformer l’essai. Par ailleurs, moins de neuf ans après sa sortie, on est déjà gênés par le choix de représenter tous ces personnages sourds comme des espèces de bêtes de foire outrées, sans limites ni convenances sociales, sans compréhension humaine basique (vivre le départ de sa fille comme un scandale), comme si ne rien entendre signifiait aussi ne rien comprendre… Quand bien même aucun lien de causalité n’est fait avec la surdité, c’est un choix un peu curieux et malaisant, qu’on accepterait mieux s’il créait autre chose qu’un comique pataud.