La Nuit du 12 Dominik Moll / 2022

La nuit du 12 octobre 2016, les policiers de la PJ de Grenoble fêtent le départ à la retraite de leur chef. Cette même nuit, Clara Royer, 21 ans, rencontre un homme qui l’asperge d’essence et y met le feu…

Quelques spoilers.
 

Cette histoire d’un féminicide, grand retour de Dominik Moll sur le devant de la scène, s’est peut-être vu tresser des lauriers un peu trop grands pour lui. Dès le début (la scène de départ à la retraite) tout sonne un peu toc, sans qu’on sache trop si cela tient au montage, à la direction d’acteur, ou encore aux dialogues… Le film s’en sort ensuite par une certaine rigueur, et un fonctionnement épuré, logique et mathématique, qui fait qu’on ne va plus vraiment le chercher sur le terrain du réalisme. Efficace et patient, il laisse aussi de la place à certains comédiens de briller (à commencer par Bastien Bouillon, grande révélation du film). Mais l’ensemble échoue je trouve à incarner le traumatisme et la hantise de ces policiers, qui reste très théorique. Il embarrasse aussi par ses ambitions féministes sur-explicites, aux coutures bien trop visibles (sans parler de certaines images maladroites, comme ce meurtre lyrique et kitsch), sans pour autant se départir des lourdeurs du genre (policiers qui se sentent investis de devoir faire la morale à tout le monde, sans que l’incompréhension intergénérationnelle que le film met en scène suffise à le justifier).