La Pampa Antoine Chevrollier / 2025

Willy et Jojo, deux ados inséparables, passent leur temps à chasser l’ennui dans un petit village au cœur de la France. Mais l’un d’eux cache un secret…

Spoilers.
 

La réception critique délirante de La Pampa surprend un peu. Le film a des qualités évidentes : son beau sujet de l’amitié envers et contre tout (la scène gênée de réconciliation des deux amis est très bien) et surtout l’excellent Sayyid El Alami, dont le premier degré et le naturel solaire illuminent chaque scène. C’est bien, mais c’est difficilement assez pour cacher les faiblesses d’un film qui collectionne les conventions du naturalisme français : des scènes de “complicité” mêlant dialogues trop écrits et semi-improvisations flottantes, un récit didactique qui s’accommode mal de la nuance (beau-père rejeté avec un systématisme lourdingue, ruralité entièrement homophobe, obligation d’un passage symbolique par l’art) et des thématiques emboîtées comme dans un dossier CNC (mort du papa, rapport villes-campagne, passage à l’âge adulte), le tout au rythme de facilités de scénario enfilées pour permettre artificiellement la dramaturgie (le héros qui n’appelle pas son copain pour savoir comment s’est passée sa confrontation au père, le suicide coup de théâtre bien que très vaguement préparé par l’intro aux relents suicidaires)… Le propos prend pourtant des détours pas toujours évidents, voire un peu compliqués, avec cet ami qui s’allie au traitre et au bourreau pour mieux punir tout un monde motocross viriliste, le récit montant en épingle une course dont tout le monde se fout un peu…

Bref, tout ça n’est pas forcément désagréable, mais la mise en scène reste assez anonyme (éternelle caméra portée du naturalisme français, qui tient peut-être aussi au passif du réalisateur venu des séries), et les scènes fortes manquent.