Et j’aime à la fureur André Bonzel / 2022

Depuis son enfance, André Bonzel collectionne des bobines de films. Grâce à ces instants de vie de cinéastes anonymes et ces traces d’émotions préservées, il reconstitue l’aventure de sa famille…

 

Après des années de docs ayant utilisé les images d’archives pellicule pour leur texture rêveuse et fantomatique, Et j’aime à la fureur décontenance par sa manière de ne faire d’elles qu’un outil : des images souvent montées très rapidement, ne visant pas à exister pour elles-mêmes, réduites à un besoin utilitaire. Réalisant ici son premier film 30 ans après C’est arrivé près de chez vous (dont il était le co-réalisateur), André Bonzel plonge dans un fouillis d’archives familiales (les siennes, mais surtout celles des autres), d’abord utilisées pour leur contenu heureux, ou à des fins d’illustration de son récit autobiographique moins joyeux, mêlant d’ailleurs sans gêne les images véritables des évènements qu’il relate, et d’autres utilisées comme substitut. Jonglant allègrement entre son propre passé et celui, plus ancien, de sa famille, gagnant le spectateur par une sincérité crue et désarmante, ce documentaire s’avère un récit entraînant, efficace, souvent paradoxalement joyeux, mais qui reste humblement sur le seuil d’un cinéma qui pourrait être plus transcendant (jusqu’à la musique de Biolay, efficace mais peu rêveuse).