Soldat Collins Jordon Prince-Wright / 2024

L’histoire de Jim Collins, jeune homme du bush australien, se retrouve plongé en 1916 dans l’horreur des tranchées durant la bataille de la Somme…

 

Comme pas mal de DTV, Soldat Collins, sur l’engagement militaire d’un jeune Australien au début du siècle, est un film qui n’a pas grand-chose à montrer, ni à raconter, au-delà du cadre éculé qui lui sert de sujet (ici celui de la première guerre mondiale et de ses tranchées). La plupart des scènes se construisent sur du vide narratif, au milieu des mêmes sempiternelles boyaux de boue. Bâtir ce projet autour d’un jeune top model (Levi Miller) n’aide pas non plus des masses à l’ancrer dans une réalité concrète… Quelques idées survolent çà et là (l’attaque longuement vue de haut, le son des tirs qui s’arrête à l’armistice) et l’ensemble n’est pas méchant.

 

Before Dawn en VO.

Forever my love V.W. Scheich / 2023

L’agent de stars Bryce Dixon prévoit de faire sa demande en mariage à l’occasion du week-end de Noël organisé dans la famille de sa fiancée. Ses plans tombent à l’eau quand il est devancé par l’annonce surprise de la sœur de Madison…

Quelques spoilers.
 

Forever my love, suite d’une première comédie romantique que je n’ai pas vue, est un DTV des plus lisses, que ce soit dans sa forme ou dans le milieu (riche américain) qu’il arpente. On note deux petites choses : l’insistance déjà, dans cette autarcie sociale, de l’idée qu’on est jamais mieux qu’avec ceux qui nous ressemblent (c’est ce qui définit le meilleur ami secrètement amoureux) ; et la présence de petites tentatives surprenantes (comme la dispute aux claquettes) dans ce cadre très normé, même si elles vont un peu nulle part, et qu’elles ne bénéficient pas d’un soin suffisant pour fonctionner.

 

Stars Fell Again en VO.

Baghead Alberto Corredor / 2023

Une mystérieuse figure est capable d’invoquer les morts pendant un court laps de temps. Cependant, toute personne qui fait appel à son service doit payer le prix fort…

 

Baghead, histoire d’une créature de l’ombre enfermée à la cave, est un petit film d’épouvante moins intéressé par l’horreur (utilisant dans ce domaine tous les académismes et écueils imaginables), que par la dimension fantastique de son pitch (quels pièges au pacte faustien, quelles règles du jeu). On a cependant du mal à y adhérer, que ce soit sur le plan de l’identification (personnages bêtes prenant toutes les mauvaises décisions) ou sur le plan mythologique (aucune profondeur ou émotion dans cette figure de femme utilisée, que ce soit dans le passé puritain qui lui sert d’écrin, ou dans la relation qui se noue avec sa gardienne). Le tout sans compter les incohérences multiples, et un final en “révélation” qui ne dit rien qu’on ne sache déjà…

 

New Life John Rosman / 2024

Jessica Murdock tente désespérément d’échapper aux autorités en traversant la frontière canadienne. Alors que la poursuite se resserre, des corps sont retrouvés sur son chemin…

Quelques spoilers.
 

Manifestement coincé par son budget de série B, ce petit film paranoïaque de contamination aurait gagné à se concentrer sur le cœur doublement poétique de son pitch : l’histoire d’une femme qui tue sans s’en rendre compte tous ceux qui se montrent bons avec elle ; et celle d’une inspectrice malade qui poursuit le miroir de sa décomposition prochaine. Si le film reste de facture raisonnable pour une production B, il n’arrive pas à investir ces enjeux cinématographiquement, souffrant par ailleurs de maladresses nombreuses (scènes d’horreur expédiées à coup d’accélérés, images burlesques de poursuite avec canne ou habits stériles bibendum…).

 

Something in the water Hayley Easton Street / 2024

Cinq amies se réunissent pour enterrer la vie de jeune fille de l’une d’entre elles. Mais une excursion en bateau vire au cauchemar…

Spoilers.
 

Production Studio Canal médiocre et relativement fauchée, ce shark movie reprenant la configuration de The Shallows et les principes du slasher (une fille en moins toutes les 15 minutes) fait le choix un peu bizarre d’isoler ses victimes au beau milieu de l’eau (d’ailleurs contre toute logique, vu qu’elle pourraient rejoindre le corail sur lequel le bateau s’est abîmé). Cette configuration permet certes quelques jolies images (les deux femmes, l’une contre l’autre en embrassade, au milieu du néant, comme deux enfants effrayées), mais cela les coince aussi dans une situation réduisant drastiquement les options du scénario. Réduites à ce statisme, chacune est condamnée à ressasser sa culpabilité ou ses reproches au milieu d’une guirlande de micro-suspenses finissant aussi vite qu’ils ont commencé. Les quelques potentielles bonnes idées (celle d’un groupe d’amies qui doit se sacrifier pour qu’un couple en leur sein se reforme, ou encore l’idée d’un requin rejouant la scène d’agression du prologue sur un mode cauchemardesque et monstrueux, pour permettre à une jeune fille répudiée de corriger son erreur), ne peuvent pas correctement fleurir sur tant de fragilités.

 

Menace en eaux profondes en VF.

Role play Thomas Vincent / 2023

Dave et Emma forment le couple parfait : deux enfants, une belle maison, des boulots épanouissants. À l’occasion de leur septième anniversaire de mariage et pour pimenter le quotidien, ils ont l’idée de jouer à un petit jeu de rôle..

Quelques spoilers.
 

Petit vertige de retrouver Thomas Vincent, réalisateur de l’acclamé Karnaval, aux commandes de cette semi-comédie qui suit les mésaventures d’une tueuse à gages essayant de concilier son métier secret et sa vie de famille. En se focalisant sur le moment où la couverture de son héroïne tombe, le film s’offre quelques moments ludiques, notamment dans tout ce qui frictionne entre la vie de famille et le crime organisé. Ça reste cela dit très petit et peu ambitieux (le projet lui-même ne semble pas si financé que ça, sous ses atours lisses et professionnels), comme en témoigne cette série de rebondissements improbables servant à amener artificiellement tous les personnages ailleurs pour le final, tant la situation devenait scénaristiquement difficile à tenir en ville (la police qui laisse partir le mari, la tueuse qui laisse son conjoint venir). L’anonymat de la mise en scène, et le casting à peine rehaussé de second rôles de luxe (Bill Nighy, Connie Nielsen), rangent ce petit film dans le tiroir décidément bien gris des productions Studio Canal International dispensables.