Adieu vinyle Josée Dayan / 2023

Fin des années 1950, en France. Deux hommes, et une femme : Ève Faugère, une diva glamour au sommet de sa carrière, bientôt concurrencée par une jeune première…

 

J’ai traversé les années 2000 en croisant souvent dans les journaux le nom de Josée Dayan (alors en pleine gloire télévisuelle), sans jamais rien avoir vu de sa main. La découvrant sur le tard avec ce téléfilm, dont je n’attendais rien d’autre qu’une production populaire solide, j’en sors plus que dubitatif. Si l’ensemble se détache vaguement du tout-venant TF1 par le prestige de ses têtes d’affiche, ou par des plans inhabituellement longs et quelques parti-pris de lumière plus marqués, rien de tout cela n’est convaincant. Mouvements de caméra hasardeux et abus de drone, découpage soutenant peu les acteurs semblant jouer dans le vide, kitsch des couleurs… On est pas loin du nanar sinistre – sinistre tant par son sujet que pour Adjani elle-même, qui incarne l’héroïne sur un mode je-ne-suis-pas-folle-vous-savez des grands jours (son jeu d’actrice, depuis des années, semble tout entier consister à cacher les côtés de son visage par diverses coupes de cheveux et foulards, comme voulant compenser on ne sait quel complexe physique). Le rôle qu’elle incarne, comme chez Bedos, est un magma déplaisant de diva dépassée par l’ère du temps, qui nous hurle encore une fois la vision morbide que l’actrice a d’elle-même, visiblement incapable de vire sa propre maturité et vieillesse autrement que comme un naufrage, une décadence de gloire passée, une salissure et une humiliation – comme si ce nouveau visage n’offrait pas tant de possibilités nouvelles. Le personnage infect se fait miroir de l’actrice, la médiocrité du film répond à celle de son personnage et de sa vision du monde, et tout cela n’est décidément pas très ragoûtant.