Le Diable n’existe pas Mohammad Rasoulof / 2020

Quatre histoires en Iran, pays appliquant la peine de mort…

Spoilers.
 

Ce film-recueil d’histoire cruelles secrètement liées entre elles est un nouvel exemple solide nous venant de la nouvelle génération de cinéastes iraniens, dont il a tous les traits : impeccablement mené, narrativement malin, se construisant autour d’une tension sourde – quitte à s’appuyer, pour cela, sur des personnages pas toujours dignes d’admiration (le jeune soldat qui veut laisser un autre se salir les mains à sa place, la promise reniant son amant pour quelque chose qu’il n’a pas choisi, le vieil homme mettant mal à l’aise sa jeune invitée…). La façon qu’a le film de s’ouvrir est sa meilleure idée : c’est une fausse piste, autour de ce qu’on croit être un corps caché, qui fait planer une ombre violente et mortifère sur les évènements (qui sinon, en soi, ennuieraient vite), avant de comprendre que cette violence est d’une toute autre nature. C’est autour d’elle, justement, que le cinéaste déploie une série de récits efficaces (quoique lents), tenant tout entiers au suspense de leur révélation (de quoi nous parle ce segment, quel lien avec le sujet commun… Le thème central, à savoir la peine de mort, donne au film une grande cohérence autant qu’un côté “dissertant” assez scolaire). Pas sûr, de fait, que le film ait beaucoup d’intérêt à être revu une deuxième fois.

 

Sheytân vodjoud nadârad en VO.