L’Innocent, récit d’un jeune homme suspectant le nouveau mari de sa mère de ne jamais avoir raccroché de son passé criminel, confirme tout le bien qu’on en a dit : un film “à l’ancienne” (parfois à la limite du pastiche, jusqu’à ce plan de fin figé), qui retrouve des sensations saines de bon cinéma populaire, notamment par son approche humble, peu auteuriste, d’abord occupée à réinvestir le cinéma de genre (film de braquage et comédie), tout en étant le fruit d’un travail rigoureux (sur le plan du scénario, notamment). L’ensemble n’allant jamais pêcher très en profondeur, le film est aussi agréable qu’il s’oubliera vite ; par contre, il offre un vrai plaisir de jeu d’acteur, avec un quatuor sans faute qu’on pourrait regarder s’amuser durant des heures (le fait que l’un des ressorts du film soit de voir ces acteurs-personnages “en train de jouer” laisse penser que, pour Garrel, ce plaisir était tout partagé).
