Cinema Paradiso Giuseppe Tornatore / 1988

Alfredo vient de mourir. Pour Salvatore, cinéaste en vogue, c’est tout un pan de son passé qui s’écroule…

Légers spoilers.
 

Dans la série “les films que tout le monde avait vu à part moi”… On craint d’abord de rentrer dans une version italienne des Choristes (l’ouverture convoque d’ailleurs Jacques Perrin dans le même genre de rôle) : idéalisation du passé et du bon vieux temps, de la vie d’avant où tout était plus chaleureux et sépia, etc. Evidemment, Cinema Paradiso est plus que ça : Tornatore a du talent (dans la narration envolée de sa première partie, dans les jeux de rimes, dans la direction de Noiret et de l’enfant tous deux très bons, dans l’amertume pas si rose du passé à abandonner). Le film, néanmoins, est étouffant de nostalgie, ankylosé de cette espèce de peinture satirique-mais-attendrie d’une communauté où tout le monde est bien à sa place (les ados se branlent devant l’écran, les vieux rouspètent, la foule rigole…). Tornatore, en filmant l’enterrement du cinéma italien (sorti en 1988, le film est plus qu’à l’heure), filme surtout la destruction d’un tissu social qu’il n’est pas interdit de trouver oppressant, en ce que chacun ne s’y découvre que comme héritier de traditions éternelles (premier amour, départ obligatoire, etc.). Bref, le film est plutôt ample (quoiqu’assez fade à l’étape adolescente), mais trop renfermé pour ne pas être déplaisant.

 

Nuovo Cinema Paradiso en VO.